Interrogatoire de police

Vous n’avez pas le droit d’être assistéE par unE avocatE lors des interrogatoires à la police. Pour les mineurEs, ils/elles peuvent être assistéEs par leurs parents ou la personne qui exerce la garde, mais elle ne doit pas être avocatE. Vous devez toujours demander exactement ce qui vous est reproché. Si l’infraction ne se poursuit que sur plainte, demandez à la voir, car sans plainte vous devez être relâchéE immédiatement. Exemple : violation de domicile, dommages à la propriété, graffiti.

Dans la majorité des cas, les suspectEs sont condamnéEs uniquement sur la base de leurs aveux pendant l’interrogatoire. La police essaiera de vous intimider («ce serait plus simple d'avouer: on a des preuves»; «tes copains ont déjà parlé»; «on va te garder jusqu'à ce que tu causes»; «si tu refuses de répondre, c'est que t'es coupable ou que tu as des choses à te reprocher»; «c'est pas grave ce que t'as fait, tu ferais mieux de nous le dire», etc). Pour vous soutirer des informations, il arrive que les policiers se répartissent les rôles du méchant et du gentil et alternent intimidation et paternalisme. Ne faites pas plus confiance aux gentils qu’aux méchants. Vous avez le droit de vous taire, utilisez-le au maximum!

En aucun cas vous n’avez à répondre aux questions concernant: les lieux et bistrots que vous avez l’habitude de fréquenter, ce que vous fumez, vos amiEs et connaissances, votre lieu de travail, vos préférences sexuelles, vos opinions politiques, vos habitudes et celles des copains et des copines, si vous êtes séropositif-ve, si vous consommez alcool, drogues. Si ce genre de question se présente, il est conseillé de répondre : « Je ne répondrai pas à ce genre de questions », et si l’inspecteur/trice insiste : « Je vous ai déjà répondu à cette question » (sous-entendu je ne dirai rien). Si cependant vous choisissez de parler, n’engagez pas d’autres personnes que vous par vos déclarations. Si vous ne savez pas ce que l’on vous reproche, à trop parler, vous risquez de vous accuser d’un délit que la police ignore. Cela s’appelle un auto-goal.
Vous avez le droit de mentir, pour autant que les mensonges n’impliquent que vous-même et qu’ils ne provoquent pas l’ouverture d’une nouvelle enquête. Il est également conseillé d’éviter tout mensonge qui risque de vous entraîner dans des contradictions. Mieux vaut se taire !


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